La famille Bonaparte est un clan intéressant et tumultueux. Aujourd’hui, je vais vous conter les péripéties des frères et sœurs de Napoléon Ier après sa chute. Accrochez-vous bien, car cette saga familiale vaut son pesant de couronnes perdues !
L’exil des frères Bonaparte : une dispersion familiale
Quand l’empire s’écroule, c’est la valse des Bonaparte à travers l’Europe. Joseph, l’aîné, fait ses valises pour la Suisse en juillet 1814. Il s’offre un petit château en Suisse à Prangins, histoire de garder un train de vie impérial. Mais l’air des montagnes ne lui convient pas longtemps. Le 20 août 1815, il met les voiles pour les États-Unis.
Il reviendra en Europe plus tard et mourra en Suisse. Nous sommes donc sur un homme qui aura fait le tour du Monde, aura même été roi de Naples et roi d’Espagne grâce à son frère.
La prochaine fois que votre frère vous offre une boite de chocolats à Noël, ne le remerciez pas deux fois.
Lucien, lui, préfère la dolce vita. Il s’installe à Rome le 27 mai 1814. Pas bête le gars, il choisit la ville éternelle ! Mais quand Napoléon revient pour les Cent-Jours, il accourt à Paris le 9 mai 1815. Loyal en diable, ce Lucien !
Jérôme, le petit dernier, opte pour Trieste avec sa femme Catherine. Ils y débarquent le 20 août 1814. J’imagine la scène : « Chérie, on prend des vacances en Italie ? » Sauf que les vacances vont durer un bon moment…
Les sœurs Bonaparte : des reines déchues en vadrouille
Parlons maintenant des sœurs de l’empereur déchu. Élisa, l’aînée, fait un véritable tour d’Europe. Elle quitte Florence le 1er février 1814, puis Lucques le 13 mars. La voilà partie pour un road trip forcé ! Elle passe par Montpellier le 23 mars, fait un crochet par Marseille le 15 avril, avant de poser ses valises à Bologne en août 1814. Réaliser ces trajets alors que Flixbus n’existait pas encore est une forme de courage.
Caroline, la petite dernière, arrive à Trieste le 25 mai 1815. Elle y reste jusqu’au 16 septembre, date à laquelle elle part pour le château de Haimbourg, près de Vienne et Bratislava. De reine de Naples à châtelaine autrichienne, il n’y a qu’un pas ! Comme quoi les sommes laissées par le frérot permettaient encore de bien vivre !
Quant à Pauline, la préférée de Napoléon, elle joue les fidèles. Lors de la première déchéance, elle rejoint son frère sur l’île d’Elbe le 1er juin 1814 lors d’une escale à Portoferraio. Elle s’y installe définitivement le 31 octobre 1814. Sacré dévouement familial !
Puis après les Cent-Jours, elle tentera même de rapatrier Napoléon de Saint-Hélène avant de mourir d’un cancer quatre ans après la mort de son frère.
Les Bonaparte face à l’effondrement de l’empire
L’année 1814 marque la fin du système continental mis en place par Napoléon. L’Europe, qui était sous la coupe de l’Empereur, se libère de son emprise. Les Bonaparte, habitués à régner sur des royaumes, se retrouvent soudain sans trône et sans royaume. C’est ce que j’appelle une sacrée dégringolade !
Louis Bonaparte, ex-roi de Hollande, tente de jouer les seconds couteaux. Il rejoint l’impératrice Marie-Louise et le roi de Rome à Blois le 3 avril 1814. Peut-être espérait-il une place dans la régence ? Raté, mon gars !
Même Madame Mère, Letizia Bonaparte, se joint à la valse des exilés. Elle rejoint son fils Napoléon sur l’île d’Elbe le 2 août 1814. Je l’imagine bien dire : « Mon petit, tant que je serai là, tu ne manqueras de rien ! » Mère poule un jour, mère poule toujours !
L’effondrement de l’empire napoléonien a été aussi rapide que son ascension. En quelques mois, toute une famille passe du statut de dirigeants européens à celui d’exilés. C’est ce que j’appelle un retour sur terre brutal !
Un seul et même corps de nation… dispersé
Napoléon avait rêvé d’une Europe unie sous sa bannière, « un seul et même corps de nation ». Ironiquement, c’est sa chute qui a dispersé sa propre famille aux quatre coins du continent. De la Suisse à l’Autriche, en passant par l’Italie et même les États-Unis, les Bonaparte ont involontairement réalisé une forme d’unité européenne… dans l’exil !
Cette dispersion familiale illustre parfaitement l’ampleur de la chute de Napoléon. D’un empire qui s’étendait de Madrid à Moscou, il ne reste plus qu’une famille éclatée, cherchant refuge là où elle le peut. C’est un peu comme si l’empire avait implosé, projetant chaque membre de la famille dans une direction différente.
Ces destins individuels sont le reflet des bouleversements qui ont secoué l’Europe au début du XIXe siècle. Chaque frère, chaque sœur de Napoléon incarne à sa façon la fin d’une époque et le début d’une nouvelle ère pour le continent.

Article écrit par Denis
Créateur de la Tête Haute Française, je partage mon amour de l’Histoire de France sans prétention, en essayant de la rendre amusante (même si je sais que cet humour ne sied pas à tout le monde).
