Oublions un temps nos meilleurs ennemis, les Anglais. L’histoire France-Russie est n’est pas aussi riche en bastons, mais quelques célèbres guerres existent.
Si vous voulez en savoir plus sur nos batailles avec les Russkoffs, de nos défaites sur steppes gelées de Russie à nous prouesses champs de bataille européens, restez avec moi.
Les conflits France – Russie en vidéo !
Durée de la vidéo : 10 minutes
La Campagne de Russie (1812)
Je débute par le conflit qui a marqué nos mémoires : la débâcle subie lors des guerres napoléoniennes.
À l’époque, cela a été vu comme l’équivalent de la défaite lors de France – Sénégal lors de la coupe du Monde 2002. Mais bon, en 1812, nous ne perdons pas la coupe, juste quelques centaines de milliers d’hommes et la destinée impériale de Napoléon.
Cette campagne s’inscrivait pourtant dans un contexte où Napoléon dominait l’Europe. Personne n’imaginait les Français capables d’être massacrés ainsi.
Pour vous donner une idée, sur les 615 000 soldats français et alliés qui débarquent en Russie, à peine 100 000 reviennent un an plus tard. La boucherie, vous dis-je ! Les récits qui peuplent les livres d’histoire sont terribles. Nous sommes encore loin des Conventions de Genève.
Durant leur retraite catastrophique, les grognards frigorifiés et désespérés vident leurs chevaux morts pour dormir dedans et ceux qui survivent au froid se font parfois surprendre par les villageois russes. Ces mélanges d’hommes des cavernes et d’alcooliques du PMU à l’accent poutinien les attrapent, puis les torturent, allant jusqu’à les ébouillanter vivants.
S’il faut s’attrister sur le sort des nôtres, il faut aussi souligner le génie suicidaire des Russes. Quand un Français serait incapable de sacrifier une pièce d’art ou même un bon plat sans pleurer toutes les larmes de son corps, le Russe offre sans sourciller sa maison, sa femme et parfois même sa vie pour espérer retourner à sa vie tranquille et pourrie de paysan pauvre.
Moscou a retourné la situation grâce à une stratégie de dissuasion bien rodée. Brûler ses propres terres pour affamer l’ennemi ? Fallait oser !
Cette défaite en Russie va ébranler tout l’équilibre européen, donnant des idées aux autres pays pour contrer la menace française et mettre fin au plus bel Empire qu’ait connu notre nation.
Mais attendez, on ne va pas faire comme si les Français avaient décidé d’attaquer les Russes sans raison pour le simple plaisir de voir comme vivent les Igor en Igoristan ! Nous sommes sur la chaîne « La Tête Haute Française », la campagne de 1812 est restée dans les mémoires, mais n’oublions pas qu’elle a été précédée par des victoires.
La Guerre de la Deuxième Coalition (1799-1800) : Les Russes en Italie et en Suisse
Remontons un peu dans le temps, sous le Directoire. Napoléon n’est pas encore empereur, mais la France révolutionnaire fait déjà trembler l’Europe. Évidemment, ça ne plaît pas du tout aux monarchies du coin qui rêvent de remettre un roi sur le trône plutôt que sous la guillotine.
En 1799, la Russie s’associe à l’Autriche et l’Angleterre dans une Deuxième Coalition anti-française. Leur mission est de botter les fesses des sans-culottes et de restaurer la monarchie.
Des Russes débarquent donc en Italie du Nord, où ils font mal, très mal. Ils enchaînent les victoires, tapent sur les Français et leurs alliés, et nous obligent même à reculer. À ce moment-là, les Autrichiens, tout contents, se frottent les mains en mode « On va enfin se débarrasser de ces Français. »
Sauf que, il y a un retournement de situation avec le front suisse. Parce que pendant que le général russe Souvorov s’amuse en Italie à presque 70 balais à montrer que la baïonnette, ça reste mieux que des balles de lâches, les Français, sous les ordres du général Masséna, préparent leur riposte.
À la bataille de Zurich (1799), on leur fait une démonstration à la française : attaques-surprises, tactique bien huilée et une bonne dose de sueur. Résultat : une raclée monumentale pour les Russes qui doivent se replier. Et comme si ça ne suffisait pas, Souvorov et ses hommes, en voulant rejoindre leurs potes autrichiens, se retrouvent coincés dans les Alpes suisses.
Leur retraite se fait dans un décor glacial qui annonce déjà la vengeance de 1812.
Après ce fiasco, les Russes sont vexés, et le Tsar Paul Ier claque la porte de la coalition en 1800. Moscou et Paris font même mine de se réconcilier pour un temps, mais bon, on sait comment ça finira 12 ans plus tard…
La guerre de Crimée (1853-1856)
J’enchaîne avec un nouveau conflit et quelques mots sur la guerre de Crimée entre 1853 et 1856.
Encore une fois, l’empire russe se prend les pieds dans le tapis là-bas. L’Europe tremble devant l’expansionnisme de Moscou. Quand on voit ce qu’ils infligent à leur propre peuple, personne n’en veut chez soi.
La France, toujours prête à taper sur des têtes envoie ses ministres à la rescousse des Ottomans pour discuter d’une aide. Sauf, qu’à cette époque, on ne s’arrête pas
Aux côtés des Anglais et des Turcs, les soldats français débarquent en Crimée. La prise de Malakoff par nos chefs militaires force la Russie à signer la paix. Et une fois deviendra presque coutume, les Anglais ont été des alliés précieux.
Un répit avec l’alliance franco-russe (1892)
Trois décennies plus tard, on se rabiboche de la plus belle manière qui soit. Une alliance franco-russe est signée en 1892.
La France et la Russie sont deux pays européens dos au mur face aux ambitions germaniques. On se serre donc les coudes en concoctant un pacte de sécurité contre la menace germanique.
Dans cette alliance, la France promet d’aligner 1 300 000 hommes en cas de conflit ! Cette coopération militaire inédite nous rend proches des Russes comme jamais.
Cela se confirme même avec la Première Guerre mondiale où nous sommes alliés.
Puis, patatras, les cocos arrivent. La Révolution bolchevique éclate, Lénine rentre dans l’histoire et notre pote tsar, Nicolas II, sa femme, ses quatre filles, son fils sont exécutés comme des moins que rien. Le communisme nous dévoile vite son amour de l’autre pour une cause plus noble.
Le hic est qu’en plus d’apprécier Nicolas II, nous lui avons prêté des milliards de francs. Cela débouche sur une nouvelle intervention en Russie.
L’intervention française en Russie (1918-1920)
La boucherie de 18 terminée, nous ne remisons pas les bottes dans le grenier. Nous les rechaussons et la direction, l’est.
Quand on prête des milliards de francs à un empire, on s’attend à être remboursé. Sauf que les Soviets, eux, décident que les dettes impériales, c’est terminé. Résultat : une France furieuse envoie des soldats pour remettre un peu d’ordre (et récupérer son pognon, ne nous voilons pas la face).
Nos militaires débarquent donc en Crimée (encore et toujours cette Crimée), et dans le nord de la Russie pour soutenir les Russes blancs. C’est le nom donné aux nostalgiques du tsar qui rêvent de faire tomber Lénine. Nous bombardons un peu et nous organisons quelques batailles pour affronter des soldats bolcheviques motivés et souvent plus nombreux. Mais franchement, l’enthousiasme français pour cette guerre civile russe est aussi grand que celui du public pour un concert de variété moldave.
C’est la débandade. Fatigués, mal ravitaillés et peu motivés à mourir pour une cause qui n’est pas la leur, les soldats français plient bagage en 1919-1920. Le coût humain est faible, avec des pertes limitées à 3 chiffres.
Par contre, les emprunts russes que des milliers de Français avaient souscrits tombent aux oubliettes. Si dans votre jeunesse vous avez croisé un vieil oncle un peu remonté contre la Russie, il y a de fortes chances qu’il attendait toujours un remboursement.
Et maintenant, quelle est la suite de nos désaccords avec la Russie ?
Car, encore une fois, la Crimée a un grand rôle, les Russes qui paraissaient aux abois n’ont jamais abandonné et nos gouvernants dépensent un pognon de dingues dans l’affaire, sans que le peuple ne comprenne vraiment la raison du pourquoi…
Mais puisque je fais une chaîne d’histoire et pas de prédiction politiques, je m’arrête là et vous laisse me faire vos pronostics en commentaires !

Article écrit par Denis
Créateur de la Tête Haute Française, je partage mon amour de l’Histoire de France sans prétention, en essayant de la rendre amusante (même si je sais que cet humour ne sied pas à tout le monde).
