Vidocq : la VRAIE vie du plus célèbre détective français de l’Histoire !

Vous pensez connaître Vidocq ? L’ancien taulard devenu chef de la police, un détective de génie qui a révolutionné l’enquête criminelle ? Ah, si c’était aussi simple… Accrochez-vous, parce que l’histoire du plus célèbre flic de France, c’est du polar grandeur nature, entre coups tordus, infiltrations et évasions spectaculaires.

Imaginez un type capable de ridiculiser les forces de l’ordre avant de finir à leur tête. Un roi du déguisement qui se fond dans les bas-fonds parisiens pour coincer les criminels… et qui ne rechigne pas à utiliser les méthodes les plus borderline pour arriver à ses fins. Vidocq, c’est le mélange explosif entre Arsène Lupin et un chef du FBI version « capable de tout face au communisme ».

Mais derrière la légende du justicier se cache une vérité bien plus tordue. Traître ou génie ? Flic intègre ou roi de la magouille ? Ses archives en disent long… et pas toujours en sa faveur. Aujourd’hui, on plonge dans la vraie histoire de Vidocq : un destin hors norme qui a inspiré les plus grands écrivains et semé la pagaille dans l’histoire de la police française.

Du taulard au patron des flics : la sacrée métamorphose

Une jeunesse mouvementée entre Arras et la capitale

Commençons par le premier jour de Vidocq sur Terre. Eugène François Vidocq pointe le bout de son nez à Arras, dans le nord de la France, en 1775. Fils de boulanger, rien ne le prédestine à devenir le chef de la police… Et pourtant !

Dès l’adolescence, le gamin collectionne les chapardages et les castagnes. À 16 ans, il plaque sa ville natale pour Paris, laissant derrière lui une réputation de sacré numéro. Ces frasques juvéniles annoncent déjà un parcours dont il écrira les pages les plus folles, entre délits et traques au cœur du royaume.

Cavale et système judiciaire : la partie de cache-cache

Le bagne, les cellules, les évasions… L’emploi du temps du futur flic commence par ressembler à un mauvais roman d’aventures. Il est condamné en 1796 par le tribunal de Douai à 8 ans de travaux forcés pour  « faux en écritures publiques et authentiques ».

Petit aparté ; on voit que la justice de la fin du 18e siècle n’est pas la même qu’aujourd’hui. 8 ans pour des faux. Aujourd’hui, un drogué qui roule n’importe comment, traumatise un gosse et tue le bébé porté par une femme enceinte en prend deux, sans compter les remises de peine. Oui, bonjour, Pierre, nous ne t’avons pas oublié !

Revenons à Vidocq, l’ancien taulard maîtrise l’art de la disparition mieux qu’un magicien !

Faux noms, déguisements improbables, audace à toute épreuve… Notre homme ridiculise les gardiens avec un sens de l’impro digne des meilleurs acteurs.

Ce savoir-faire acquis dans l’ombre lui servira plus tard au grand jour. En effet, ses connaissances sur les combines de malfrats qu’il a lui-même utilisées ou vues inspireront plusieurs livres de procédures policières.

Le grand retournement de 1809

Le grand retournement survient en 1809.

La Préfecture fait un pari osé en engageant l’ancien forçat comme un indicateur. Il sert même de mouchard dans les prisons de Bicêtre et de La Force. C’est un coup de poker qui doit faire jaser dans les couloirs de la Préfecture. Mais Vidocq a de gros atouts pour ce rôle :

  • Son carnet d’adresses : Qui est mieux qu’un ancien du bagne pour démanteler les réseaux de l’intérieur ? Notre homme connaît toutes les planques et combines, et connaît bien les méchants.
  • Son côté caméléon social : Se fondre dans n’importe quel milieu est possible pour Vidocq. Cela le serait moins pour un fils de bourgeois qui, tout à coup, se la jouerait gangster. La mode du rappeur blanc élevé par des parents instituteurs n’existe pas encore !
  • La mémoire éléphantesque de Vidocq: Reconnaître un visage croisé dix ans plus tôt n’est pas un problème pour Vidocq.
  • Sa rédemption express : Vidocq semble sincère quand il souhaite arrêter ses délits et servir l’intérêt général.
  • La promesse de résultats immédiats : Face à la flambée criminelle, les méthodes classiques montrent leurs limites… Un mec comme Vidocq est capable de changer la donne.

L’invention de la Sûreté : mode d’emploi

Tout prend de l’ampleur trois ans plus tard.

Aujourd’hui, une ligne sur le casier judiciaire ou un proche repris de justice peut vous empêcher de devenir gendarme. En 1800, l’état d’esprit est différent.

En 1812, notre homme monte officieusement la Brigade de Sûreté, une équipe de choc pour traquer les caïds de la capitale.

Mouchards, filatures, fiches individuelles… Toutes ces tactiques sont mises en place dans cette brigade qui contient essentiellement d’anciens repris de justice. Les méthodes font grincer des dents, mais marchent du tonnerre.

La Brigade devient la terreur des bas-fonds. Les critiques peuvent pleuvoir sur ses pratiques borderline, mais l’ancien bagnard s’en tape : son kif, c’est de coffrer les crapules ! En plus, la caméra-piéton pour les flics, ça n’existe pas à cette époque, ni les transformateurs d’ailleurs…

Les méthodes déjantées d’un flic pas comme les autres

Rassurez-vous, je n’ai fait qu’évoquer les méthodes de Vidocq et je ne vais pas vous laisser dans la frustration. Découvrons-les.

Infiltration et déguisements : son terrain de jeu

François, c’est le roi du camouflage. Non, je ne parle pas du gros Hollande qui se met un casque sur la tête pour filer en scooter voir sa maîtresse. Je parle d’Eugène-François Vidocq. Le seul point en commun qu’il a avec le Président le plus soporifique de notre république actuelle est sa bedaine grandissante.

Car, Vidocq n’est pas un drag queen ou un looser adultère. Il se déguise en clodo, en marchand de tapis, en maquereau… pour coincer les truands !

Imaginez plutôt la scène : Vidocq, déguisé en vieillard crasseux, qui s’infiltre dans un bar miteux pour surveiller un mec suspecté de dépouiller et de tuer d’anciens royalistes. Il écoute les combines, gagne la confiance des caïds, puis balance tout aux juges pour procéder à des arrestations qui méritent la une.

Le résultat est probant ; des arrestations spectaculaires et des réseaux entiers démantelés.

Le type avait un sixième sens pour dénicher le crime. On aurait dit un personnage d’un film d’Olivier Marchand. Une fois, il a serré un faussaire après des mois de filature en jouant les ouvriers sans histoire.

Toutefois, beaucoup de personnes se demandent ! Vidocq c’était un flic intègre ou un marlou des bas-fonds ? La question fait toujours débat chez les spécialistes. Certains lui collent au dos des trucages d’affaires, des preuves bidonnées, et même des crimes montés de toutes pièces pour briller en les résolvant !

Le père des fichiers criminels

En tout cas, notre homme ne se contente pas d’arrêter. Oui, il a commencé en tant que mec sur le terrain. Mais, sa caboche bien pleine le destinait à mieux qu’un rôle de flic dans l’Arme Fatale.

Très vite, il archive. Il n’archive pas des livres scientifiques comme une documentaliste du CDI au lycée, il invente le premier fichier centralisé sur les malfrats de la capitale. Des dossiers précis avec noms, adresses, spécialités… Du big data pour l’époque !

Et oui, casse-toi Google avec tes cookies dans notre navigateur, Vidocq aurait fait mieux !

Ce système révolutionne les enquêtes. Les autorités identifient les récidivistes en un clin d’œil, traquent les modus operandi et vont cueillir les coupables sur la base de leurs fiches. Cette méthode est copiée dans toute l’Europe, et elle inspire encore les flics d’aujourd’hui. C’est pas mal pour un gars qui a commencé sa carrière… de l’autre côté des barreaux !

Un funambule du pouvoir

Vivre à Paris en 1800 est une situation plus complexe que de devoir afficher un soutien à Pécresse ou à Hidalgo. Nous sommes en pleine période postrévolutionnaire. Puis, Vidocq va connaître l’Empire et la restauration.

Alors, comment étaient ses relations avec Napoléon puis Louis XVIII ? C’est un vrai roman-feuilleton. Le patron de la Sûreté navigue entre allégeances et trahisons, suscitant autant d’admiration que de méfiance.

On l’accuse de magouilles, de combines douteuses, de double jeu. Certains y voient un patriote prêt à tout pour servir la France. La vérité est plus nuancée. Cet homme-là, forgé par le bagne, jouait sa survie dans les coulisses du pouvoir.

On peut donc le voir comme un opportuniste politique, plus soucieux de sa survie et de sa carrière que d’une fidélité idéologique rigide. Il débute sous Napoléon au début, mais n’hésite pas quelques années plus tard, sous Louis XVIII, à traquer les opposants royalistes et les républicains fervents. Pour autant, son passif ne le rendra jamais clean aux yeux des soutiens de la monarchie.

Ses mémoires révèlent d’ailleurs des zones d’ombre sur ses méthodes… même si le film français de 1947 en a fait un héros romantique, occultant ses parts d’ombre.

Il quitte la Brigade en 1827. Mais ce n’est pas pour se la couler douce. Il fait une Harry Bosch, le personnage phare des livres de Michael Connelly. Le flic se reconvertit en détective.

La seconde vie d’un aventurier intrépide

Première agence de détectives privés

En 1833, Vidocq qui a plaqué l’uniforme depuis quelque temps s’ennuie. Au lieu de finir en poivrot et d’adopter un rôle qu’il a longtemps tenu dans ses planques, il se réoriente. Ou comme le dirait aujourd’hui un fatigant qui bosse dans une start-up, il pivote !

Il monte le « Bureau de renseignements », la première agence de détectives privés au monde.

Son business propose toute une palette de services : enquêtes commerciales, filatures, recherche de disparus, et même… surveillance de maris infidèles ! Bien sûr, ses méthodes borderline lui valent des emmerdements en pagaille et il n’a plus l’excuse « C’est la police, madame ! » pour les justifier.

Procès pour espionnage industriel, chantage, intrusion chez l’habitant… Il multiplie les égarements.

Pourtant, son agence cartonne. Le mec a le nez pour les affaires et sait se faire respecter dans le milieu. Entre deux procédures judiciaires, il écoule même des livres sur ses techniques d’enquête ! C’est du marketing made in 1830 !

Mais clairement, sa reconversion finit par puer le soufre. On l’accuse de corrompre ses anciens potes de la préfecture pour obtenir des infos ou de menacer les concurrents. Bref, après le bagne et la police, Eugène se retrouve désormais au milieu : à jouer les gentils avec des méthodes de méchants !

Quand le bagne inspire les best-sellers

En plus, Vidocq a la rançon de la gloire. Quand on devient connu, vous obtenez des admirateurs et des personnes qui rêvent de vous faire tomber.

Cette reconnaissance, il ne l’a pas eu uniquement avec son nom imprimé dans les gazettes parisiennes. Il l’obtient grâce à sa plume.

En 1828, donc juste après avoir quitté la Brigade et avant de créer son agence de détectives, il sort un livre qui fait scandale : les Mémoires de Vidocq. Dedans, il balance tout – ses années de bagne, ses combines à la Sûreté… La France entière se l’arrache !

Ce pavé devient un best-seller monstre. Du coup, notre homme se retrouve en mode star littéraire. Balzac, Hugo, Dumas : tous les écrivains lui piquent des idées. Mais ce n’est pas étonnant : un ancien forçat devenu patron de la Sûreté, ça fait un sacré personnage !

Notre Eugène national, c’est le Vautrin de Balzac en moins coincé, le Valjean de Hugo en plus véreux. Un sacré numéro qui a nourri des tonnes de bouquins. Les éditions se multiplient, y compris à Paris où les bourgeois s’étranglent en le lisant. Même au cinéma, on adaptera rapidement son histoire puisque le premier film français sur le sujet date de 1909 !

Au final, c’est ce livre qui transformera davantage Eugène en légende que toutes ses arrestations, sa création des fichiers de police ou son travail de détective privé.

Une fin de vie compliquée 

En vieillissant, Vidocq perd en influence. Son agence est fermée par la justice en 1837. Comme tout homme qui adore les lumières, Vidocq n’a pas vécu une vie d’économe.

Ruiné, il dépose des brevets et de gagner de l’argent avec des trucs dignes du salon de l’invention. Il sort du papier infalsifiable et des serrures incrochetables. Il boucle même la boucle en se faisant emprisonner à la Conciergerie pendant les émeutes de 1848 pour servir d’indic.

Est-ce du panache ou est-ce pathétique de voir un ancien patron revenir au petit rôle qu’il tenait à ses débuts ?

Il passe les dernières années de sa vie près d’Orléans, puis retourne à Paris. Malgré les nombreuses maladies et sa vieillesse, Vidocq ne perd pas de son ardeur masculine puisqu’il multiplie les maîtresses qui ont l’âge d’être ses petites-filles. La rumeur dit que le vieil homme sans sou réussissait à les séduire en leur faisant miroiter un énorme héritage qui n’existait pas. Pour se montrer convaincant, il créait même de faux testaments. Quel chenapan !

Le 11 mai 1857, Vidocq clame sa dernière à Paris, à 82 balais. Officiellement, c’est le choléra qui l’emporte. Direction le cimetière Père-Lachaise, division 20. Sa pierre tombale a cependant disparu à la fin du XIXe siècle. Les services de la ville ont perdu le plot, et aujourd’hui, personne ne sait où le mec repose.

Mais après tout, n’est-il pas présent au meilleur endroit possible ? Dans notre mémoire collective !

denis auteur

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